FORUM Chez Nous


  Les arts en général


  Musique


  [Jazz]une interview de Keith Jarrett

 




7 utilisateurs inconnus

 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

[Jazz]une interview de Keith Jarrett

n°26488
dahlia_noi​r
disparu
Note : 0/5 pour 0 vote
Posté le 25-10-2007 à 20:25:18  profilanswer
 

Citation :

My Foolish Heart est le titre du nouvel album du Keith Jarrett Trio (le 18e de Keith Jarrett pour le label ECM). Il s'agit du concert enregistré le 22 juillet 2001 à Montreux. Concert que Keith Jarret considère - non sans raison - comme un sommet de sa carrière en trio (Keith Jarrett tient à l'égalité : Gary Peacok à la basse, Jack DeJohnette aux drums, et lui au piano), malgré des circonstances contraires : problèmes de son, de lumière, chaleur invraisemblable, public agité.
 
 
 
 
Né à Allentown, Pennsylvanie, le 8 mai 1945, Keith Jarrett est pianiste, compositeur, improvisateur, saxophoniste, guitariste, percussionniste. C'est un artiste exquis, drôle, intelligent, dont la réputation ne bouge pas d'un poil : on a besoin de le voir en poseur caractériel. En juillet à Pérouse (Italie), il a fait scandale. Il y semble tricard pour un bout de temps. Comment s'est-il débrouillé pour se mettre toute la presse à dos ?
 
Raconter l'incident le fait franchement rire. "Oh, écoutez, c'est simple. A Pérouse, le présentateur, avec beaucoup de dignité, beaucoup d'émotion, nous annonce et demande gentiment qu'on ne prenne pas de photos. Les images et la musique, c'est tellement loin ! Mais nous vivons dans une domination sans précédent du visuel. Donc, nous entrons en scène et avant même d'arriver jusqu'au micro, trente appareils et vidéos se déclenchent. Je dis : "Posez vos putains d'appareils !" Ça fait des années que j'essaie d'être poli, je varie les formules, je me contorsionne, et là, c'est parti d'un coup. Je crois avoir crié huit fois : "Pas de photos, putain !" Le lendemain, c'était la "une" des journaux : "Pas de photos, putain !" Voilà. Rien de plus."
 
On le pense gêné par les flashs, l'inattention, l'étourderie. Il se fait une idée sérieuse de la musique : "Je suis perturbé par le fait que les gens achètent une place de concert pour prendre une photo qu'ils ne verront jamais. Ils sont trop loin. On leur demande "s'il vous plaît, ne le faites pas". Mais ils ont payé, ils sont accros au point de penser, il faut à tout prix que j'utilise ce truc, parce que je l'ai."
 
 
SIMULACRE ET PARESSE
 
 
Ses concerts se suivent, se ressemblent et ne se ressemblent pas : "Celui de Montreux, que nous publions, réunit les qualités profondes du jazz à mes yeux, le swing, l'énergie et l'extase. Vu nos carrières, Jack, Gary et moi savons exactement ce qu'il en est des maîtres, ce qu'il en est de se retrouver en présence de maîtres. Mais aussi, malgré nos âges, les hauts et les bas de santé, nous savons ce que le mot jeunesse veut dire."
 
Non sans une élégance toute shakespearienne, dans le texte de pochette, Keith Jarrett stigmatise le simulacre (mimicry), la fausseté (fakery), le refus de penser, l'apathie, la paresse, l'ignorance, la haine de soi et l'inutile virtuosité : "Beaucoup de jeunes alignent des milliers de notes pour rien."
 
Et l'écriture ? "J'écris dans une veine plutôt drolatique. Je me suis inventé un personnage dont le nom se déforme toujours. C'est un type qui fait des thèses sur des sujets du genre : "Le rôle du golf dans le déclin de la sexualité chez les Américains actuels", des trucs comme ça."
 
Au fait, en vingt-cinq ans, combien ont-ils interprété de standards ? "Je n'en sais rien. Il faut demander aux Japonais. Ils listent, ils archivent et ils classent tout."
 
Au Festival de Juan-les-Pins, en juillet, comme à Montreux, six ans avant, le trio joue un morceau fameux de Fats Waller, Honeysuckle Rose. Il le joue d'une drôle de façon, un peu sautillante, très swing des années 1930. Le pianiste, dans l'affaire, qu'est-ce qu'il fait de sa main gauche ? "Très bonne question. On ne cherche absolument pas à jouer rétro, on cherche à jouer dans l'esprit. Mes mains ne sont pas assez grandes pour jouer dans un style "stride" traditionnel (alternance de basses et d'accords de la gauche), je me livre donc à une combinaison de ce que jouerait une guitare et de ce que je suis capable de jouer avec des mains de cette taille."
 
Vous êtes pessimiste ? "Je me souviens de ce débat, à la télévision, entre un universitaire et le président d'Apple Computers. Le type de chez Apple était tout excité, il sautait sur son siège, "Ça va être génial pour tout le monde, le sort de l'humanité va en être changé. Formidable !" Et alors, un instant, on a vu l'érudit scolaire, là, en plan de coupe, il murmurait que parfois, il n'y a rien d'aussi déprimant que l'optimisme."


 
Bonne lecture !


---------------
Entre vous et ma liberté, je choisis ma liberté.[:deppc:1]
RIP Isaac Sound 1 Sound 2
mood
Google
Posté le 25-10-2007 à 20:25:18  profilanswer
 


Aller à :
Ajouter une réponse

  FORUM Chez Nous


  Les arts en général


  Musique


  [Jazz]une interview de Keith Jarrett